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09/07/2013

CP du 28 juin 2013 - Relevé de subventions – Canton de Vif

 

 Voici présentées les différentes participations que nous avons adoptées lors de notre dernière commission permanente qui concenrent notre canton.

Commission des collèges, de la jeunesse et des sports

 Education –

Subventions diverses en faveur de l’éducation

-        Maison d’arrêt de Grenoble-Varces : subvention de fonctionnement de 1 200, 00 € pour l’unité locale d’enseignement au titre de l’année scolaire 2013/2014

 Jeunesse et sports –

Aide aux initiatives locales des associations

conseil général isère,canton de vif,brigitte périllié-        Claix Patrimoine et Histoire : subvention de 400, 00 € pour l’organisation des journées du patrimoine (fabrication de panneaux)

 

-        Expression de la musique moderne en Isère - EMMI (Varces) : subvention de 962, 00 € pour l’orconseil général isère,canton de vif,brigitte périlliéganisation d’un spectacle de variétés françaises et internationales

 

 

-        L’ASS’IDEconseil général isère,canton de vif,brigitte périlliéM(Pont-de-Claix) : subvention de 2 000, 00 € pour l’organisation de la fête du canal édition 2013

 

Jeunesse et sports –

Aide aux frais de déplacements des jeunes de 11 à 16 ans

-        Association sportive du collège Georges Pompidou (Claix) : subvention de 465, 00 € pour la participation des élèves aux championnats départementaux de badminton, de volley-ball, de handball et d’athlétisme

-        Association sportive du collège Jules Verne (Varces) : subvention de 660, 00 € pour la participation des élèves aux championnats départementaux de badminton, de cross, de handball, de volley-ball et de VTT

conseil général isère,canton de vif,brigitte périlliéconseil général isère,canton de vif,brigitte périlliéconseil général isère,canton de vif,brigitte périllié





la journée portes ouvertes du Collège Jules Verne fût l'occasion de récompenser  les lauréats d'un concours sur l'environnement avec la METRO et les sportifs pour leur particiaption et leurs bons résultats.

-        Association sportive du collège Massegu (Vif) : subvention de 140, 00 € pour la participation des élèves aux championnats départementaux de badminton, de cross, de handball et d’athlétisme

-        Judo Club de Vif : subvention de 288, 00 €

-        Twirl danse de Pont-de-Claix : subvention de 444, 00 €

-        Union sportive des deux ponts (Pont-de-Claix) : subvention de 800, 00 €

 

Commission de la coopération décentralisée, de la culture et du patrimoine

Patrimoine culturel –

Subventions de fonctionnement en faveur du patrimoine

-        Commune de Pont-de-Claix : subvention de 3 000, 00 € pour la réalisation du projet « Observatoire des mouvements » aux Moulins de Villancourt

 

Commission du développement économique et du tourisme

Economie –

Pôles de compétitivité : 15ème appel à projets : approbation de conventions et affectation de crédits

-        Société BioLogic (Claix) : subvention de 259 000, 00 € au titre du 15ème appel à projets des pôles de compétitivité

 

07/06/2013

CP du 31 mai 2013 - Relevé de subventions – Canton de Vif

 

Commission de l’action sociale et des solidarités

 Enfance et famille :

Participation du CG au fonctionnement des établissements associatifs d'accueil du jeune enfant

-        Halte-garderie La Coronille (Vif) : subvention de fonctionnement de 6 536,00 € au titre de l’année 2013

Participation au fonctionnement des relais d'assistants maternels

-        CCAS de Vif : subvention de fonctionnement de 2 439,00 € pour le relais d’assistants maternels (coordination assurée à 80 %)

 Participation en faveur des centres de planification et d'éducation familiale

-        CCAS de Pont-de-Claix : subvention de fonctionnement de 195 000, 00 € au titre de l’année 2013


Politique de la ville 

Subventions de fonctionnement dans le cadre des CUCS

-        Commune de Pont-de-Claix : subvention de 5 000,00 € pour le développement du centre de ressources GUSP (gestion urbaine et sociale de proximité)

-        CCAS de Pont-de-Claix : subvention de 3 000, 00 € pour l’épicerie sociale et solidaire

 

Personnes âgées – Subventions en faveur de l'adaptation du logement des personnes âgées ou en perte d'autonomie

-        Particulier sur Pont-de-Claix : subvention de 1 000, 00 € pour l’installation d’une douche adaptée

 

Commission des collèges, de la jeunesse et des sports

Education – Actions en faveur des collèges publics

-        Collège Moucherotte : subvention de 2 055, 28 € (dotation de compensation des collèges satellites des cuisines mutualisées

 

Jeunesse et sports – Aide à l’animation sportive

-        Les Chauds Patates (Saint-Paul-de-Varces) : subvention de 900, 00 € pour l’organisation d’un raid multisports à Autrans

 

Jeunesse et sports – Aide aux frais de déplacements des jeunes de 11 à 16 ans

-        Handball club pontois : subvention de 900, 00 €

-        Union sportive de Saint-Paul-de-Varces (section football) : subvention de 300, 00 €

 

Jeunesse et sports – Aide aux initiatives locales des associations

conseil général de l'isère,canton de vif,brigitte périllié-        Souffle de l’Inde (Claix) : subvention de 3 000, 00 € pour l’organisation de journées portes ouvertes dans le cadre de la semaine de la solidarité internationale

 

conseil général de l'isère,canton de vif,brigitte périllié-        Football Club Vallée de la Gresse (Vif/Varces/Le Gua) : subvention de 4 000, 00 € pour l’organisation de tournois




-        Compagnie Lune Prune (Claix) : subvention de 800, 00 € pour l’adaptation théâtrale d’un roman d’Elio Vittorini

-        Votre Relais Animation Information (Saint-Paul-de-Varces) : subvention de 500, 00 € pour l’organisation des journées du patrimoine

-        Dojo Claixois : subvention de 600, 00 € pour l’organisation de l’open de jujitsu Rhône-Alpes édition 2013

-        Scouts et Guides de France (Claix) : subvention de 400, 00 € pour un projet de solidarité internationale au Cambodge

19/04/2013

Droits des femmes, lutte contre les discriminations, la droite se distingue honteusement

 Lors de la séance de la commission permanente du 19 avril 2013, les  élus d’opposition de droite se sont abstenus globalement contre l’adoption des subventions accordées aux associations œuvrant pour les droits des femmes et la lutte contre les discriminations dont, le Centre d’information des femmes et de la famille (CIDF), Solidarité femmes, Le Mouvement du Planning familial (MPF), Femmes SDF, SOS Racisme, l’AFDU, l’Amicale du Nid, Passible, Parité dans les métiers scientifiques… Leurs arguments étant, dixit Frédérique Puissat (UMP) : «que ces subventions représentent essentiellement des salaires et qu’il est dangereux pour le Conseil général de s’y inscrire alors qu’elles relèvent d'une politique volontariste, hors champs des compétences obligatoires et, que les justifications apportées aux demandes sont trop courtes ».

D’aucuns apprécieront l’intérêt que portent les élus de droite au travail accompli au quotidien par ces associations qui oeuvrent dans le cadre d’une délégation de service public, qui plus est au service de femmes en danger.

En fait, en commission d'action sociale, Mme Puissat a mis à l'index SOS Racisme, elle n'a pas osé les citer explicitement en présence de tous les élus et a englober l'ensemble de la liste des subventions...

Mais, ce discours est incohérent quand on entend les reproches formulés par ces mêmes élus à propos du redéploiement des financements du Conseil général, du fonctionnement récurent des établissements d’accueil de la petite enfance vers le soutien à la création de nouvelles places, dans les territoires en tension. Politique volontariste elle aussi, hors champ obligatoire.

Brigitte Périllié

Vice-présidente déléguée à l’enfance en danger, la famille et l’égalité femme-homme.

 

25/02/2013

Samedi 23 février, Sharana, réception machines

Ce matin, nous sommes allées rendre visite à Rajkala, la présidente de Sharana. Elle vient de perdre son beau-père et ne vient donc pas à l’association pendant une semaine. C’est le temps que prend la famille du défunt pour recevoir les condoléances de la part de tout l’entourage et commencer son deuil. Nous sommes venues porter des fleurs au défunt comme il se doit et, je voulais aussi parler un peu avec elle des contacts que nous pourrions avoir pour la suite. Je l’ai invitée à passer en Isère, lors de l’un de ses prochains voyages en France. Nous pourrions lui montrer et lui expliquer comment nous concevons la protection de l’enfance et l’état de nos réflexions en la matière. Je lui ai également parlé de l’invitation faite à Amala sur les violences faites aux femmes. Elle était bien sûr, d’accord, très intéressée et m’a remerciée de cette invitation.

enfants shelter.jpgJe n’ai peut-être pas très bien expliqué comment la coopération entre Souffle de l’Inde et Sharana s’est mise en place. Rajkala qui appartient à la bourgeoisie indienne, vit confortablement. Elle a créé Sharana, il y a quelques années pour venir en aide aux enfants défavorisés en subventionnant leurs études avec des parrainages, les nourrissant, les habillant .Elle a aussi ouvert un centre pour les enfants  des rues de Pondichéry. Elle y met régulièrement ses propres finances, mais cela est loin de suffire aux besoins. Elle a donc fait appel à la générosité de nombreux donateurs, en Inde mais aussi en Europe. Pour recueillir des fonds, des Français ont créé une autre association, Sharana-France qui est basée dans la région parisienne (il y a une forte communauté française à Pondichéry). Cette association gère les parrainages de quelques 800 enfants, recueille des dons et vend les productions de Sharana (spiruline, vêtements, objets en bois du centre d’apprentissage), comme le faisait Souffle de l’Inde à Cochin. Il y aussi pas mal de volontaires qui viennent de France, donner un coup de main dans les shelters (refuges) et Day care centers.

Comme je l’ai dit précédemment, au fil du temps, les travailleurs sociaux ont réalisé que recueillir les enfants, les éduquer ne suffisait pas, si rien était fait avec les parents, notamment les mères. C’est comme cela qu’ils ont créé l’atelier de couture et de confection d’objets divers.  Une autre jeune femme, Joshna, a tenté également la création d’un atelier d’insertion. Mais sans compétences suffisantes de gestion et management, elle y a englouti beaucoup d’argent. Elle a donc rejoint Sharana et obtient des petites fabrications en séries de sacs en tissus pour des magasins de Pondichéry mais aussi de Paris. Joshna est assez créatrice pour inventer de jolis objets (tongs, sandales…) et des sacs en tissu, mais l’atelier ne fonctionnait pas suffisamment. La spécialité de Sharana étant la protection de l’enfance en danger, l’accompagnement des femmes ayant de très faibles compétences restait assez difficile à assumer pour l’association.

De son côté, Josette rencontrait des difficultés à Cochin, notamment liés à la corruption de la police qui faisait peser des pressions énormes sur son atelier. Elle devait absolument faire appel à un manager – homme - pour conduire l’association indienne. Au Kérala, les femmes qui entreprennent n’ont aucune crédibilité et sont constamment inquiétées, suspectées de prostitution. Ce pays est encore sous un régime étatique très procédurier et inquisiteur. Les seules personnes sur qui elle pouvait compter, lorsqu’elle rentrait en France, étaient Giji et Shinie, pleines de bonnes volontés mais elles aussi, en manque d’autorité. Pour des raisons familiales, Josette a dû passer quelques semaines à Pondichéry et a constaté que le climat y était plus clément, plus tempéré, l’atmosphère plus aérée. Il est vrai qu’ici, une brise de mer balaye constamment le rivage. Cochin, plus au sud et sur l’autre rive de l’Inde est plus chaude, très étouffante. Josette a des problèmes de santé et voulait trouver un cadre plus « facile » pour pérenniser son action envers les veuves. C’est là qu’elle entend parler de Sharana et de son atelier de femmes. Elle prend donc contact et propose sa collaboration. Rajkala, accepte, d’autant plus qu’elle avoue bien volontiers que la direction de l’atelier est compliquée et qu’elle souhaiterait développer des compétences pour les ventes et la conduite des productions. Souffle de l’Inde et en particulier, Josette, a une solide expérience dans ce domaine. La complémentarité des rôles est trouvée. Sharana reste fixée sur l’enfance en danger, avec quand même un regard sur les mères et, Souffle de l’Inde se charge de l’atelier et des ventes. Josette installe donc une boutique solidaire à l’étage, près de l’atelier et a déposé ses prospectus dans tous les hôtels et maisons d’hôtes de Pondichéry. Les touristes, en recherche d’actions de solidarité ne manque pas de les visiter et d’acheter. Des bénévoles français sont là pour apporter leur aide, notamment pour les ventes. Josette rentre régulièrement à Grenoble, où une autre équipe de bénévoles l’aide dans des ventes dirctes de type marchés de Noël, foires et expositions en tous genres. Elle a également participé à des initiatives de type boutiques solidaires.

Mais, diriger des femmes indiennes qui n’ont jamais connu un autre travail que celui de la maison reste une gageure. Josette semble être la seule qui impose son autorité pour les faire produire en quantité et en qualité. J’ai assisté un jour à une séance de coaching, digne de la grande entreprise américaine, en plus tout en anglais, of course !

 

 

conseil général isère,souffle de l'inde,sharana,josette rey,brigitte périlliéCet après-midi, nous nous sommes rendus au Shelter, à côté d’Auroville, pour assister à la livraison de la machine à laver le linge. Les dons faits par les Isérois ont permis d’acheter en plus, une grosse machine à cuire le riz et un inverseur qui va permettre d’accumuler l’énergie quand il y a de l’électricité et de la restituer quand il y a des coupures. Celle-ci sont très nombreuses dans ce village, beaucoup plus qu’à Pondichéry.

Les enfants étaient fous de joie. Je vous rappelle que jusque-là, ils lavaient leurs vêtements à la main…

Ils nous ont faits plein de bisous, nous sont tombés dans les bras, ont dansé et nous avons partagé un instant de délice avec des ice-cream  offerts par Josette!

 

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22/02/2013

22 février - Quelques portraits des femmes de Sharana – Souffle de l’Inde.

Elles sont six femmes et deux jeunes filles à l'atelier. Quatre sont veuves, les deux autres femmes sont victimes de violences conjugales. Les deux jeunes filles ont 17 ans maintenant. Elles ont été accueillies au Shelter lorsqu’elles étaient enfants. L’une, son père est alcoolique et très violent ; il bât sa femme. Les travailleurs sociaux craignaient qu’il viole la petite et l’ont donc recueillie. L’autre n’a plus de père et la mère se prostitue. Les travailleurs sociaux pensent que s’ils la laissent rentrer chez sa mère, elle sera prostituée. Ces deux jeunes filles ne sont plus scolarisées car elles ne sont pas capables de poursuivre des études supérieures. Ils ont donc demandé à Josette de la prendre à l’atelier. Elles sont assez habiles de leurs mains et confectionnent des corbeilles en papier journal, pas mal du tout !

conseil général de l'isère, Souffle de l'inde, Josette Rey, Brigitte Périllié, droits des femmes

Les violences conjugales sont culturelles en Inde. Elles existent dans presque toutes les familles où l’homme exerce un pouvoir sans mesure sur sa femme. L’épouse doit être à son service. S’il tombe malade ou s’il meurt, c’est elle qui en assume la responsabilité. Elle est aussi son souffre-douleur quotidien. Il a pratiquement droit de vie et de mort sur elle.

 

conseil général de l'isère, Souffle de l'inde, Josette Rey, Brigitte Périllié, droits des femmesVetrikodi, a 43 ans et deux enfants, un garçon et une fille de 19 et 16 ans. Elle est veuve depuis 2 ans et demi. Elle est à Sharana depuis 3 ans. Elle est entrée quand son mari était malade.Son mari était alcoolique et la battait sans arrêt. Elle a dû aller plusieurs fois à l’hôpital à cause des blessures qu’il lui infligeait. Il faisait des petits boulots et ils n’avaient pas d’argent. 

Elle est venue vivre à Pondichéry avec son mari et, quand il est mort, elle ne connaissait personne. Elle n’avait plus de parents et son frère ne voulait pas d’elle. Quand son mari est tombé malade, elle accompagnait des enfants dans les school-bus. pour arriver à vivre, elle a envoyé son fils de 13 ans travailler dans une fabrique artisanale de chaussures. Le comptable de Sharana l’a repéré et cette situation a fait réfléchir les travailleurs sociaux sur l’importance de donner un vrai travail aux mères, notamment les veuves. C’est là qu’ils ont commencé à organiser une activité pour les femmes qui soit suffisamment rémunératrice, sachant que celles-ci ont la plupart du temps, un très petit niveau. Vetrikodi est rentrée dans l’association et son fils a pu retourner en classe. Elle loue une maison et a donc un loyer à payer. Elle cuisine les repas qui sont consommés par les permanents de l’association qui restent à midi, cela lui fait un complément de revenus.

L’autre association « A way with you » qui aidait déjà des enfants des rues de Pondichéry, s’occupe du fils. Il va passer le bac l’an prochain.

Sa fille est née avec une tumeur à l’oreille et elle a été opérée à 12 ans. Elle a été prise en charge par Sharana pour l’école et par « A way with you » pour les opérations chirurgicales. Vetrikodi a encore des problèmes d’argent, mais s’en sort mieux.

 

conseil général de l'isère, Souffle de l'inde, Josette Rey, Brigitte Périllié, droits des femmesPadmavathy a 34 ans, elle est séropositive et a un fils de 12 ans. Elle est veuve depuis 9 ans. Elle est native de Pondichéry mais n’a plus vraiment de famille.  Elle vivait ailleurs avec son mari et elle est revenue ici quand son mari est mort.  Elle vit avec sa mère et son fils. Ses deux frères sont morts et sa sœur vit très loin. Elle fait vivre les 3 personnes avec son salaire.

Padmavathy a débuté à l’atelier dès sa création, il y a trois ans.  Son mari avait le sida et en est mort. Elle a un traitement préventif tous les six mois à l’hôpital. Son fils est parrainé mais pas avec Sharana.

Elle a une machine à coudre à la maison et cela lui permet de compléter ses revenus.

 

conseil général de l'isère, Souffle de l'inde, Josette Rey, Brigitte Périllié, droits des femmesSammanasumarie a 46 ans et trois filles, 21, 18 et 16 ans, on l’appelle Marie. C’est son anniversaire aujourd’hui ! Elle habite très loin dans Pondichéry et vient tous les jours à pied pour économiser le bus. Elle est en location. Elle travaille beaucoup et très bien. Sa fille ainée va devenir professeur et la deuxième va passer le bac. La dernière poursuit sa scolarisation.

Les enfants ont été parrainés par une autre association que Sharana. Marie est née dans un petit village tamoul, comme il y en a plein. Son mari était de Pondichéry. Ils sont allés vivre à Bombay car il avait trouvé une place de conducteur de travaux. Mais au bout de quelques mois, elle est revenue à Pondichéry pour faire parrainer ses enfants. Ce système de prise en charge des enfants pauvres est assez développé ici, contrairement à d’autres régions. Le mari habitait assez loin des chantiers et prenait le train tous les jours pour aller travailler. Vous l’avez sans doute déjà vu dans des documentaires, souvent les indiens se tiennent d’une main sur les marches-pieds des trains bondés. Ce qui devait arriver, arriva. Un matin, il est tombé et s’est tué. Les autorités ont mis plusieurs semaines pour retrouver Sammanasumarie. Elle n’a pu que venir chercher ses cendres. Comme elle ne savait pas où travaillait son mari, ni pour qui, elle n’a pas pu demander de l’aide à l’entreprise pour qui il travaillait. Marie n’a rien pu faire pour faire valoir ses droits.

Apparemment, le gouvernement de Pondichéry donne une pension aux veuves de 1000 roupies par mois. Elle peut la cumuler avec son salaire de Sharana ;

conseil général de l'isère, Souffle de l'inde, Josette Rey, Brigitte Périllié, droits des femmesMarline Meera a 38 ans, 3 enfants : un garçon et deux filles de 13, 10 et 9 ans.  Elle est veuve depuis 4 ans. Elle est née à Shidambaram et s’est mariée à Pondichéry. Lorsque son mari est mort, ses beaux- parents étaient déjà morts aussi.  Elle est donc propriétaire de sa maison et n’a pas de loyer à payer. Son mari buvait et la battaient continuellement. Elle en garde les marques sur la tête. Il est mort de l’alcoolisme. Cela a été une libération pour elle. Ses enfants sont scolarisés et sponsorisés, mais tous sont en difficulté scolaire. Elle était servante chez des indiens qui l’exploitaient et elle n’avait pas la paie en retour.  Elle a pu participer à un stage, organisé par le gouvernement de Pondichéry pour apprendre à coudre, il y a 2 ans. Elle cousait un peu chez elle pour des voisins. Elle est à Sharana depuis seulement quelques mois. C’est Marie qui lui a dit de venir.

Aujourd’hui, elle culpabilise car elle pense qu’elle a peu suivi la scolarisation de ses enfants en s’occupant de ceux des autres. Mais, avait-elle le choix ?

Elle est très contente qu’on lui pose ces questions, car c’est la première fois que quelqu’un s’intéresse à sa vie…

Toutes ces femmes ont été les premières à choisir leurs parures parmi le stock de lingerie que j’ai pu emporter dans mes bagages.

conseil général de l'isère, Souffle de l'inde, Josette Rey, Brigitte Périllié, droits des femmesAmala Dévi a 25 ans, elle est assistante sociale à Sharana. Elle conduit une action pour des adolescentes et jeunes mères. Son propre père était alcoolique aussi et bâtait sa mère. Elle a grandi dans un contexte de violence semblable aux autres femmes, mais pas dans la pauvreté. Sa mère a eu assez d’argent pour ouvrir une boutique d’esthétique et gagnat sa vie. Amala a pu faire une grande école de commerce mais, lors de sa dernière année d’étude, elle a pensé que, compte tenu ce qu’elle avait vécu dans son enfance, elle devait faire plutôt un travail social que commercial. Sa mère n’était pas d’accord car c’est assez mal payé et c’est une jeune fille brillante. Elle n’a donc pas voulu financer ces nouvelles études. Alors, Amala a donné des cours du soir pour payer son école de formation de travail social, pendant 2 ans. Elle a accepté de travailler pour un shelter de Sharana, dans un quartier très difficile, d’abord bénévolement puis elle a été embauchée. Sa propre famille l’a mal pris car une jeune fille de bonne famille ne doit pas aller dans les quartiers difficiles et accomplir un travail où elle est amenée à faire des gardes de nuit. Sa réputation de fille pure en est finie…

Sa mère a donc voulu la marier, mais Amala a refusé pour garder son travail. Sa mère l’a alors mise dehors et, elle est allée vivre chez sa grand-mère. Amala a refusé ce mariage car elle craignait d’être à la merci de son mari et de devoir se consacrer uniquement à lui. Elle veut un mariage d’amour avec un homme qui accepte son engagement.

Elle a distribué la lingerie que j’ai apportée aux adolescentes et aux jeunes mères (de 16 à 25 ans) au « Day care center », où ces jeunes femmes peuvent venir parler de leurs problèmes tous les matins. Ceux-ci peuvent être de santé ou simplement de confiance en soi. En Inde les hommes sont des dieux et leurs enfants aussi. Les femmes doivent s’en occuper continuellement. Elles ont une très mauvaise estime d’elles même et se soignent très peu !

Suivant leur situation et leurs capacités, Amala les envoient dans d’autres associations où elles peuvent bénéficier d’actions d’insertion professionnelle.

Le gouvernement tente de parler des violences faites aux femmes, mais il y a toujours un prétexte pour retarder le lancement des actions, cela n’est pas très électoraliste… Ces violences sont ancrées de façon ancestrale dans la culture indienne. Les femmes peuvent porter plainte, mais elles ne le font pas car leur famille (parents, frères, sœurs, oncles, tantes, grands-parents…)  va les rejeter.

Amala est bien sûr très mobilisée sur ce vaste problème et voudrait développer un nouveau projet pour cela, sans attendre que les pouvoirs publics fassent quelque chose. Elle s’est fixée l’objectif de réussir à monter une action, d’ici 3 ans, pour s’attaquer aux viols et aux violences faites aux femmes.

C’est un grand challenge ! Il n’empêche, que la classe moyenne qui s’élève aujourd’hui commence à s’émouvoir, surtout lorsque surgissent des viols particulièrement odieux. Hier, une petite fille de 4 ans s’est fait violée à Pondichéry, avant-hier, ailleurs, nous avons vu dans la presse que ce sont trois fillettes qui ont été violées à la sortie de l’école et qui ont été jetées dans un puits. Le fait que la presse en parle est nouveau et va peut-être aider à faire bouger les pouvoirs publics.

En entendant parler Amala sur son souhait de mieux prendre en compte ce fléau, il me vient l’idée de la faire venir à Grenoble pour lui expliquer et qu’elle voit les différentes associations qui œuvrent contre les violences faites aux femmes. L’idée lui plait bien, bien sûr, mais il faudra trouver des financements pour payer son voyage car, ni Sharana ni elle, ne peuvent assumer un tel voyage. Je fais donc un appel aux dons, si modiques soient-ils, cumulés ils pourront contribuer à ce qu’elle voit mieux ce qu’elle pourrait faire chez elle. Elle sait déjà qu’il faudra faire des actions auprès des hommes et des jeunes garçons pour qu’ils envisagent une autre posture envers leurs épouses ou futures.

 

 

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